Pour un droit au sens pour tous !!!

L’orientation professionnelle ne concerne pas que les jeunes qui doivent se positionner sur parcourssup. Les transformations du monde du travail rendent désormais cette démarche de développement professionnel nécessaire tout au long de la vie. La mobilité professionnelle progresse au fil des générations. Les individus nés avant 1940 ont connu en moyenne 2,7 emplois à l’âge de 40 ans contre 4,1 au même âge pour ceux nés dans les années 1960. Par ailleurs, d’une génération à l’autre, avec notamment le développement du chômage, les parcours professionnels alternant chômage et emploi prennent le pas sur les parcours composés de périodes d’emploi successives.


Le sens comme nouveau paradigme

Bref, changer d’emploi au cours de sa vie professionnelle est presque devenu la nouvelle norme. C’est un paradigme qui doit être pris en compte par les politiques publiques de l’emploi. Or il est un facteur qui n’est pas encore intégré comme faisant partie du paysage et qui pourtant prend de plus en plus de place dans l’esprit des personnes qui sont amenées à se repositionner et à changer d’emploi : c’est le sens !!! Lorsque la vie nous contraint à changer et plus encore lorsque la démarche vient de soi même, la question du sens du travail intervient comme une question centrale et prioritaire. Les jeunes générations sont particulièrement sensible à cette problématique.

Ainsi, s’ils avaient le choix entre deux emplois, sept jeunes sur dix privilégieraient celui « qui a du sens », selon une enquête réalisée par l’institut OpinionWay et 20 Minutes pour l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES), publié jeudi 7 décembre 2017. Priés de citer quatre critères, les 18-30 ans sondés ont aussi largement évoqué la rémunération (62 %), la conciliation entre vie privée et vie professionnelle (58 %), la situation géographique (42 %), le cadre de travail (32 %) et les valeurs de l’entreprise (31 %). Les priorités varient selon le sexe – les femmes sont 77 % à citer un « métier qui a du sens », les hommes 63 %, juste derrière la rémunération (64 %) – et selon qu’il s’agisse de jeunes urbains ou ruraux (ces derniers ne citant qu’à 54 % le critère de la rémunération). Priés de donner, dans une question ouverte, leur définition de l’entreprise qu’ils souhaitent pour demain, ils l’ont souhaitée tout à la fois humainement et écologiquement responsable, rapporte l’étude. 63 % précisent souhaiter travailler dans une structure de l’économie sociale et solidaire, et 11 % disent être déjà dans ce cas. 75 % des sondés estiment que celle-ci va contribuer au changement de la société.


La prise en considération du sens

Si le sens est un nouveau paradigme dans la tête de ceux qui sont confrontés à la construction et au choix de leur vie professionnelle, force est de constater que ce facteur est peu pris en considération par les pouvoirs publics de l’emploi. Sur une question aussi vitale, dans une région comme l’Ile de France, les personnes en quête de sens n’ont pas intérêt à être en difficultés sociale car l’offre qui peut leur correspondre est essentiellement privée et chère. Pour celui qui cherche vraiment et en a les moyens, il existe une multitude d’offres de coaching, de développement personnel, de stages et de structures dédies à trouver un job de sens. Hélas, en ce qui concerne Pôle Emploi, seul le service rattaché à la Cité des Métiers de La Villette prend en considération de manière sérieuse la problématique. En partenariat avec le CNAM INETOP, ce service propose un parcours de réflexion qui se nomme « sens de la vie, sens du travail » qui permet aux individus de se mobiliser sur la base du sens dans le choix de leur vie professionnelle. Hélas ce dispositif est saturé de demande et les perspectives pour y participer sont bouchées à court terme. Reste donc, pour celui cherche son sens, les bilans de compétences traditionnels qui sont mis en œuvre dans le cadre du dispositif « avenir projet ». Si chacun des prestataires y développe sa propre méthodologie et qu’il ne peut y avoir de généralités sur la qualité des prestations, le sens est une partie trop infime du questionnement dont l’objectif est de formaliser un projet à court terme qui débouche soit vers une formation, soit vers un emploi dans les 6 mois à venir. Ces dispositifs sont ainsi prisonniers de la logique prioritaire en matière de politique publique pour l’emploi : la logique du retour à l’emploi à court terme pour faire des économies et payer les allocations le moins de temps possible. Les salariés du privés sont mieux traités puisqu’il existe des dispositifs de bilan de compétences dans la cadre de la transition pro (dispositif qui remplace les CIF) dont la variété et la profondeur peuvent permettre une approche centrée sur le sens. Quant aux OPCO, il faudrait en faire le tour pour savoir comment ils se positionnent vis à vis des formations qui proposent une remise à plat en terme de sens au travail. Pour l’avenir la pouvoir sera de moins en moins entre leurs mains et c’est France Compétences qui donnera le la en matière de stratégie de financement de la formation professionnelle. Pour l’instant, il est trop tôt pour juger de ce qu’il en sera de la question du sens pour le nouveau gestionnaire de la formation professionnelle.


Le projet « Sens Compétences »

C’est donc presque un travail de lobbying qui doit être fait à terme pour faire valoir la cause du sens dans l’orientation professionnelle afin de ne pas reproduire les schémas de la reproduction sociale. Il est en effet inadmissible que le marché divise d’une part ceux qui ont les moyens du sens et d’autre part ceux qui n’en ont pas les moyens. Le sens doit être reconnu comme un facteur de développement pour chacun : il faut instituer une forme de droit au sens pour tous !!!

Tel est le projet de Sens Compétences dont le but est de créer une synergie entre tous les acteurs du sens pour que des solutions de financement public puissent être débloqués dans le cadre des financements de la formation professionnelle. Sa raison d’être est en effet de « permettre une éducation au sens de la vie et au sens du travail accessible à tous grâce aux financements de la formation professionnelle ». Au delà de la formation professionnelle, il s’agit de développer l’offre de service pour les publics les plus fragiles

.

Appel à tous les formateurs, coachs et professionnels du sens

C’est pourquoi je lance un appel à tous les professionnels du sens : faisons valoir notre point de vue, regroupons nous et agissons de manière … sensée. Ne nous plaçons pas dans une logique de concurrence mais de coopération. Mon premier acte dans cette optique est de créer un guide des actions de remobilisation autour du sens qui existent afin de les faire connaître et d’offrir des prestations de qualité pour tous. Puisqu’il faut bien commencer, j’ai commencé par créer un mini guide qui se nomme « Trouver un travail qui a du sens via internet ». Dans ce guide, j’y partage les 4 grandes étapes pour toute démarche de reconversion professionnelle et je partage mon réseau en ce qui concerne les acteurs du sens que je connais. L’objectif serait d’agrandir ce réseau en rajoutant votre offre de manière détaillée, afin que ce mini guide devienne à terme un énorme guide.


Qu’en pensez vous ?

Cet article vous a plu ? 

Venez nous rendre visite sur notre site internet