LA PHILOSOPHIE DE VGPP

Le slogan de VGPP est « la révolution du Sens ».


VGPP est une association loi 1901 dont les fondements s’appuient sur un essai du même nom. C’est un think tank qui vise à diffuser et à créer un mouvement autour de ces idées.



Voici en synthèse, la thèse développée par VGPP :


– VGPP se fonde sur un diagnostic global sur notre temps et notre monde. 

Ce diagnostic met en lumière les liens qui unissent les crises politiques, sociales, économiques et environnementales que nous traversons. Ces liens mettent en évidence que nous traversons une crise civilisationnelle globale qui remet en cause l’ensemble de nos schémas mentaux : face à la complexité du monde, les idéologies issues du passé (néo libéralisme, néo socialisme, néo conservatisme, néo nationalisme) ne permettent plus de construire un « avenir désirable » c’est à dire d’ouvrir une voie vers un nouveau pas de progrès pour l’humanité. 

Il s’agit donc d’une crise profondément culturelle, au coeur de la pensée, des émotions et des praxis humaines : l’humanité tourne en rond car elle doit changer de logiciel pour s’adapter au contexte qu’elle a elle même créée. Le moment historique que nous traversons est en effet unique : nous sommes rentrés depuis 1945 dans l’ère de l’anthropocène c’est à dire que nous sommes la force géologique principale qui façonne notre planète. Notre influence est non seulement géologique, elle est aussi climatique et touche l’ensemble de la biosphère. L’enjeu en est énorme : la capacité de survie de l’humanité toute entière. L’humanité est ainsi face à un choix terrible : continuer selon les anciens schémas mentaux et vivre une forme d’effondrement ou bien réussir à se réinventer une culture adaptée à ces enjeux planétaires. L’humanité est ainsi condamnée à l’inconnu et au changement : réaliser une forme de saut qualitatif global ou bien s’enfoncer dans la crise jusqu’à l’effondrement qui n’en serait que la continuité.


– Face à ce diagnostic constat, VGPP pose les fondements de ce que pourrait être une réponse à cette crise culturelle de civilisation. Il s’agit de rompre avec les vieux schémas mentaux et tout d’abord de garder une vision globale de la crise. Le premier piège a éviter est de sombrer dans les affres de l’actualité : l’ère du temps nous conduit en effet à un choix entre deux idéologies dominantes qui ont largement contribué à l’échec de notre civilisation : le néo libéralisme et le néo nationalisme (autrement qualifié de populisme). L’échec du néo socialisme étant acté, nous constatons que cette idéologie n’est pas dangereuse : ce n’est pas le communisme qui détruira la planète mais c’est bel et bien le capitalisme qui le fait dans la réalité. Quant au néo nationalisme sa poussée actuelle est bien davantage le reflet de l’échec du néo socialisme a reconstruire une alternative crédible face aux affres du néo libéralisme qu’une réelle adhésion à la résurgence d’une idéologie destructrice de la première moitié du XXème siècle (deux guerres mondiales à son actif). 

Pour des raisons historique, l’idéologie dominante actuellement est donc bien le néo libéralisme, celle dont il s’agit tout d’abord de se défaire car c’est elle qui mène le monde à la catastrophe. Surtout il faut se dresser contre sa conception extraordinairement réductrice de la nature humaine selon laquelle l’intérêt individualiste est la clé de voûte du comportement humain et la concurrence, c’est à dire la guerre économique de tous contre tous, est l’alpha et l’oméga de toutes les relations humaines. Bref, il est capital de s’attaquer à ses mythes principaux : le productivisme, le matérialisme et l’utilitarisme. Il s’agit enfin de s’attaquer au mythe économiciste qui vise à faire croire que l’économie (dans sa version orthodoxe c’est à dire la doxa néolibérale) est une « science dure de la création de la richesse » au même titre que la science physique alors qu’elle n’est en réalité qu’une science molle comme toutes les autres sciences humaines et sociales.


– Pour mener à bien ce combat culturel et cette critique du modèle néo libéral, il s’agit de lui opposer une autre idéologie qui s’appuie sur la pensée scientifique pour en démonter les contradictions et les mécanismes qui conduisent à un accroissement des inégalités, à la mort des classes moyennes et de l’État Providence, à l’abandon de pans entiers de la population, aux crises financières (crise de la dette), à la dictature douce de l’oligarchie et à la catastrophe écologique. Face à ces dérives, il s’agit de mettre en avant les apports des sciences humaines et sociales et les « réponses sociales » qui en découlent. Les réponses sociales inspirées par la pensée de Keynes issues des Trentes Glorieuses après 1945 sont en effet des alternatives crédibles au néo libéralisme. Elles existent déjà sous la forme de « droits sociaux » qui permettent de compenser les dérives du capitalisme. L’objectif du néo libéralisme est de détruire ces droits sociaux pas à pas, petites remises en cause par petites remises en cause, jusqu’au moment où ils n’ont plus de portée sociale réelle et où l’estocade finale peut lui être apportée puisqu’ils n’ont plus de sens. Cette mort des droits sociaux portée par les Etats Providences est dors et déjà programmée grâce à la crise de la dette, outil d’aliénation absolue aux intérêts du capital. Peu à peu les Etats sont dépossédés de leur souveraineté populaire et ne peuvent plus budgétairement apporter des réponses sociales aux problématiques sociales, politiques et environnementales immenses que pose les politiques néo libérales.


– Face à cette crise, VGPP propose de construire une « mondialisation sociale » : sortir du cadre étroit des états – nations pour apporter des réponses sociales mondiales, à l’échelle des enjeux qui sont en cause c’est à dire de la planète. Il s’agit de construire les nouveaux droits sociaux du XXIème siècle sur le socle d’une citoyenneté du monde et d’institutions sociales mondiales (ISM) : droit à un revenu universel citoyen inconditionnel et revenu maximum. Pour mettre en œuvre cette nouvelle régulation, VGPP propose de s’attaquer au coeur du problème : au moment de la création de la richesse, au sein des entreprises elle même. VGPP propose ainsi de construire des Réseaux d’Economie Solidaire qui sont des espaces portés par les citoyens du monde comme une forme de société civile et de Tiers Secteur qui ouvre la voie à la protection sociale du XXIème siècle : démocratie économique, partage des richesses dès la production, construction d’une Force Humaine qui agit selon une charte et des valeurs.


– Face à cette crise globale, la finalité de l’association VGPP est de construire les réponses dont le monde a besoin pour ce « saut qualitatif planétaire ». Pour réaliser ce saut qualitatif global, elle propose de construire un nouveau récit, une nouvelle utopie, face à la « bouillie défaitiste » où sombre la pensée dans sa lutte contre l’idéologie néo libérale. Ce grand récit, comme son nom l’indique, est celui d’un Grand Partage Planétaire, c’est à dire un moment historique à traverser qui doit être construit comme un moment de passage, une grande cérémonie qui marque la fin d’une période et le passage à une autre ère, une renaissance. Ce moment symbolique marque le passage vers une nouvelle civilisation humaine, universelle et planétaire, vers la construction de l’unité humaine et sa constitution en tant qu’humanité une et indivisible à l’échelle planétaire. Il prend la forme d’un Partage symbolique de toutes les richesses du monde c’est à dire un nouveau contrat social, un « ordre juste » où chacun peut trouver sa place en évitant les pièges de l’exploitation et de toutes les formes de dominations. Il insiste sur la notion de partage car il s’inscrit en faux contre l’idéologie productiviste qui pense que la croissance est infinie dans un monde fini (la planète a ses limites) : il s’agit avant tout non pas de produire plus pour produire plus mais de s’interroger sur le sens de ce qui est produit et consommé. Il s’agit d’interroger la notion de besoins pour que chacun puisse bénéficier de conditions de vie adéquates à son développement et donc bien de partager pour que chacun ait accès à ce minimum. Il s’agit donc bien de partager les richesses qui sont déjà là et non pas de fuir en avant dans une course au profit illimitée.


– Ce combat pour l’avenir est avant tout culturel, c’est à dire qu’il se joue au niveau des schémas mentaux qui sont à l’origine des praxis individuelles et collectives. Il s’agit d’opérer une forme de « conversion » pour transformer ses pensées, ses émotions et ses pratiques dans une direction qui permet l’unité intérieure de chacun et l’unité extérieure de tous dans une forme d’harmonie universelle. Ce chemin est extraordinairement complexe à construire : il doit se réaliser selon une méthodologie scientifique c’est à dire un aller retour permanent entre la théorie et la pratique, entre des hypothèses et l’évaluation de ses effets. Il s’agit donc de mener une forme de Recherche Action pour trouver les voies de passage d’une praxis unificatrice dans la réalité. Cette nouvelle manière de sentir, de penser et d’agir ouvre la voie à une nouvelle spiritualité adaptée au XXIème siècle et à de nouvelles formes d’actions et de mobilisations citoyennes. VGPP propose donc une forme de démarche globale pour que les « créatifs culturels » puissent réaliser selon leur réalité la mise en cohérence entre leurs valeurs, pensées, leurs vécus et leurs actions dans des projets mobilisateurs utiles à la société.


– Dès lors le combat n’est plus la lutte des classes, concept qui divise la société alors qu’il s’agit de fonder l’unité humaine pour pouvoir répondre aux crises, il s’agit désormais de « sauver la planète » en transformant en profondeur nos modes de vie et nos modes de production dans une direction économiquement, socialement et écologiquement responsable. Bref, il s’agit de changer nos modes de développement dans le sens d’un développement durable soutenable pour les générations futures. Il s’agit donc d’effectuer une « révolution du Sens », de changer de cap, de changer de direction en transformant l’ensemble de nos schémas mentaux, de nos modalités de calcul de la richesse, de notre mentalité. L’enjeu est en effet de dépasser les normes comptables, budgétaires et bancaires1 destructrices du sens pour les remplacer par un nouveau logiciel, celui du Sens. Il s’agit de remplacer les forces de l’argent roi par celles du Sens qui est l’autre grande force potentiellement mobilisatrice et donc transformatrice. En mettant le Sens en avant, ce qui devient important c’est de réaliser la « mission sensée » d’une organisation, d’une structure ou d’une institution contre les tendances à la bureaucratisation c’est à dire la perte des valeurs au nom des procédures et des luttes de pouvoirs. Au niveau individuel, le Sens se réalise en une quête pour rendre ses pratiques plus cohérentes avec ses valeurs, pour penser, sentir et agir dans la même direction, c’est à dire pour construire son unité intérieure. Il s’agit donc d’un véritable travail sur soi contre ses déterminismes psychologiques, sociologiques et économiques pour atteindre une forme de paix (résolution des contradictions), une liberté intérieure (dépassement des déterminismes) et une ouverture à plus grand que soi (dimension transcendantale propre au sens).


– Cette transformation par le Sens se réalise dans la direction (vers) du Grand Partage Planétaire. Le partage est en effet le sens de l’histoire, c’est à dire la direction vers laquelle il s’agit de se diriger car elle permet le dépassement de soi dans une direction qui intègre fondamentalement les autres (plus grand que soi) et la convivialité. Il s’agit donc bien d’aller Vers le Grand Partage Planétaire (nom de l’association) en effectuant « la révolution du Sens » (slogan).


1Qui ne sont en fait que l’expression la plus aboutie d’une idéologie, le néo libéralisme.