LE CONCEPT D'ECONOMIE DU SENS

Il s’agit donc de défendre l’Economie du Sens contre l’économie capitaliste et de créer une force humaine capable de libérer les individus de l’emprise de cette dernière qui oblige leurs vies à travailler pour le non sens. Cette force doit imposer une nouvelle conception de ce qu’est la richesse et remplacer les normes comptables et gestionnaires par de nouvelles méthodes d’évaluation axées sur la question du sens des actions humaines. Ces nouvelles normes sont celles du partage planétaire puisque ce concept est le fondement du sens qui doit être créé. Comment mesurer la direction du partage planétaire ? Il s’agit de mettre en critères d’évaluation une philosophie de vie complexe qui s’appui, sur l’analyse critique de la réalité existante. Il ne s’agit pas de faire le contraire de l’existant mais d’inventer une nouvelle méthodologie d’évaluation qui ne s’appui pas que sur des critères chiffrés mais sur une analyse qualitative de la richesse produite. Il s’agit donc d’une démarche qualitative en sciences humaine et sociale qui ne s’appui pas que sur des critères financiers mais les enrichit pour un diagnostic global de l’organisation et de son activité. 3 critères sont retenus : le bien être, le bonheur produit, les liens sociaux générés selon une approche convivialiste et le bilan énergétique et écologique de la structure.

Epistémologie de l’économie du sens :

L’économie du sens est un concept qui désigne le secteur d’activité économique qui a du sens pour l’émancipation et le développement de l’humanité. Ce sens est vécue de manière subjective par les personnes qui en pratique les métiers mais peut aussi se mesurer de manière objective par l’évaluation de l’impact social et environnemental d’une activité économique : il se traduit en terme de création de richesses en rapport avec 3 domaines :

un bien être pour les individus (la quête du bonheur, le dépassement de la maladie, de la souffrance et de la mort étant le moteur universel de l’être humain)

la fabrique de liens sociaux nouveaux qui permettent l’émergence d’un sentiment d’appartenance des personnes à une société où règne un « ordre juste » c’est-à-dire qui vont dans la direction du « grand partage » planétaire

Le respect de l’environnement et un mode de développement durable pour les générations futures.

A l’inverse, ce concept trouve son fondement dans une critique sociale radicale du système capitaliste mondialisé financiarisé qui produit une « économie du non sens », c’est-à-dire des produits et des services qui sont nuisibles au développement humain :

Un modèle de management qui produit du mal être pour l’être humain (burn out, bore out, brown out, perte de sens, exploitation de l’homme par l’homme, fatigue, dépression, maladie professionnelle, risques psychosociaux, etc.…)

Une destruction des liens sociaux au profit d’une société où seul règne la logique marchande de la loi du plus fort ou du plus riche et où se perdent les liens de convivialité et de solidarité qui permettent un sentiment d’appartenance à une communauté humaine unie

Une destruction de l’environnement et de la nature au profit de grands projets mégalo maniaque destructeurs des équilibres naturels et de la biodiversité.

Le problème est que du point de vue des normes comptables et gestionnaires se produit au mieux un déni de la valeur ajoutée produite par l’économie du sens (bénévolat, actions de partage, …) au pire une inversion des valeurs qui donne la primauté à l’économie du non sens en terme de création de la valeur ajoutée (calcul des réparations dans le PIB, comptabilisation d’actions nuisibles en terme de lien, de bien être et d’écologie dans le PIB …) . Les normes comptables et gestionnaires sont incapables de mesurer les impacts négatifs à long terme au niveau du mal être, des ruptures des liens sociaux et des dégâts causés à la nature. C’est ainsi la conception même de ce qu’est la richesse qui doit être revue et cela va bien au-delà de la remise en cause du PIB comme mesure de la richesse produite.

Au-delà de la critique, il s’agit à travers le concept d’Economie du Sens de poser les bases d’une méthode d’évaluation positive de ce qu’est ou n’est pas une richesse du point de vue du sens que créé ou non telle ou telle activité humaine. Il s’agit de dépasser les normes gestionnaires et comptables pour les remplacer par un nouveau logiciel, celui du sens produit par l’activité humaine considérée. Ce combat pour de nouvelles normes est fondamental car la tendance majeure de notre époque de financiarisation mondialisée est de ne considérer les activités humaines que du point de vue de leur conformité ou non avec les normes gestionnaires. Cette tendance est le moteur principal de souffrance de l’humanité et empêche l’émergence des réponses que doit donner l’humanité aux enjeux du XXIème siècle. Il existe aujourd’hui un véritable conflit au sein des métiers du sens avec les normes comptables et gestionnaires. Ces normes agissent comme des rouleaux compresseurs qui détruisent l’essence même de ces métiers. D’où les résistances justifiées de ces acteurs de l’économie du sens pour conserver le sens de leur métier contre les maladies de la gestion financiarisée (règne de la rentabilité, baisse des moyens, technocratie, oligarchie). Ces combats ont pris des formes diverses au cours de ces dix dernières années : ils se sont manifestés notamment au travers du mouvement de l’appel des appels, des indignés et des nuits debout. Ces mouvements sont importants car ils mettent en avant la question du sens du travail au XXIème siècle.

Description du secteur de l’Economie du Sens :

Il s’agit donc de l’ensemble des métiers vocationnels, qui trouve leur sens en l’autre, dans le mieux être créé, dans les liens sociaux créés qui vont dans la direction du grand partage planétaire et du point de vue de leur impact écologique. L’hypothèse est que cet ensemble de métiers forment un tout global et cohérent dans lequel l’individu peut retrouver un sens à son travail.

Toute la question est donc de créer des ponts entre ces métiers divers sans nier leur spécificité et leur identité propre puisque c’est elle qui est porteuse de sens :

  1. Coaching et métier de l’accompagnement professionnel
  2. Psychologie
  3. Travail social et éducatif & animation socio culturelle
  4. Economie Sociale et Solidaire
  5. Solidarité Internationale
  6. Métiers du soin et de l’aide à la personne
  7. Médecine alternative et métiers du bien être sportif
  8. Enseignement et formation professionnelle pour adulte
  9. Métiers de la culture et de l’histoire de l’art
  10. Métiers du développement durable et de l’écologie

L’idée de Sens Compétences est de créer un dialogue entre ces différents métiers en montrant leur spécificité comme métier porteur de sens. Cette caractéristique doit leur permettre de ne plus être régit par les normes comptables et gestionnaires qui sont de véritables moteurs de souffrance pour les professionnels puisqu’elles génèrent des injonctions contradictoires impossibles à réconcilier. Ce combat pour ces nouvelles normes à construire est l’enjeu fondamental de ces métiers pour lesquels les normes gestionnaires et comptables ne sont pas adaptées pour leur évaluation. Il s’agit d’un combat culturel qui doit être gagné auprès des décideurs publics afin de protéger ces secteurs des logiques de marchandisation et de libéralisation. Pour que cette victoire ait lieux, il faut créer un espace de dialogue autour de la question du sens des métiers, ce qui est la vocation de Sens Compétences. Cet espace de dialogue se réalise par des formations, des actions et des recherches visant à mettre au jour le point commun entre ces métiers autour de la question du sens. A long terme, des conférences, des actions militantes pourraient être mises en œuvre afin de créer une dynamique collective pour faire valoir les spécificités des métiers du sens et surtout créer une alternative c’est-à-dire construire de nouvelles normes adaptées à l’évaluation de ces métiers. Ce travail de réflexion et de mise en convergence est un objet de recherche en tant que tel qui doit respecter l’ensemble des professionnalités et de leurs spécificités dans leur globalité. Ces dialogues doivent donc être portés par les professionnels eux même qui sont amenés à sortir de leur logique parfois sectaires ou syndicalement divisés. Ces ponts précieux doivent être portés par les individus au-delà des institutions puisque les institutions sont souvent porteuses d’un compromis qui vise à préserver les avantages acquis et les positions privilégiées. Les individus porteur du dialogue devront ainsi s’émanciper de ces logiques de statuts et de privilèges pour mieux cerner et défendre le cœur de leur métier en lien avec la question du sens.

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